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Elle n’était allée que rarement en ville depuis leur emménagement. Seulement pour les grandes occasions. Elle n’avait pas peur de la foule. Elle ne voyait seulement pas l’intérêt de s’exhiber.
Elle en avait pourtant envie aujourd’hui. Le temps était à son avantage, les rues abondantes et le cœur à la fête. L’été était arrivé. Les enfants sentaient les vacances arriver. La ville entière rayonnait. Elizabeth sourit en voyant les habitants préparer la fête de l’été. La place était décorée chaque année pour l’occasion. Les jeunes filles mettaient leurs plus belles tenues pour se faire inviter à danser. Rose se moquait de cette fête contrairement à Louise.
Elle était arrivée devant son magasin préféré : La librairie.
- Elizabeth, comment allez-vous aujourd’hui ? demanda Mr Aubert quand Elizabeth franchit le seuil du magasin.
- Bonjour monsieur. Je suis d’humeur guillerette.
- Vraiment ? Comment se fait-il ?
- J’ai décidé de prendre ma vie en main et…
Soudain, un jeune homme sortit de l’arrière boutique avec un tas de livre entre les mains.
- Oh, je ne vous ai pas présenté mon neveu, Connor O’Donaill. Son père est irlandais.
- D’où son nom peu commun, sourit Elizabeth.
Elle tourna les yeux vers lui et remarqua qu’il la regardait. Elle baissa la tête et rougit.
- Vous voulez savoir quels livres sont sortis je suppose.
- Oui s’il vous plait.
Elle sentait le regard de Connor posé sur elle et cela devenait de plus en plus gênant.
- Attendez moi ici. Je vais vous chercher cela dans l’arrière boutique.
- Bien.
Elle tourna la tête vers Connor en attendant. Il la regardait toujours tout en rangeant les livres. Elle lui sourit mais n’en reçu aucun en retour. Il lui tourna le dos en guise de réponse. Cela perturba Elizabeth. Mr Aubert revint avec deux romans.
- Voici des romans qui devraient vous plaire. Tenez.
- Merci.
Rose lut l’interface. Ils parlaient d’amour. Même si elle voulait le rencontrer, elle ne voulait pas en entendre parler.
- Je suis désolée Mr Aubert. Je n’ai pas très envie d’entendre parler de grandes histoires d’amour en ce moment.
- Chagrin d’amour ?
- Non. Il faut seulement que j’arrête de rêver. Il faut que j’aie plus les pieds sur terre. Le grand amour n’existe peut-être pas.
- Elizabeth ! Je ne vous reconnais plus.
Elle rigola.
- N’ayez pas peur monsieur. Je suis toujours la même. Je reviendrais dans peu de temps voir si vous en avez reçus d’autres.
Elle commença à partir vers la sortie quand Mr Aubert l’interpella.
- Mademoiselle, comptez-vous aller à la fête ?
- Je n’ai malheureusement pas de cavalier.
- Connor peut vous accompagner.
- Mon Oncle ! exclama son neveu.
Elizabeth le regarda. Son visage exprimait la colère.
- Je ne veux pas le déranger, proposa Elizabeth blessée.
- Il vous accompagnera. Je veux qu’il rencontre du monde.
Elizabeth sourit poliment contrairement à son futur cavalier qui n’osait la regarder.
- Très bien. Nous nous verrons à la fête alors.
Elizabeth sortit du magasin en pensant que la fête sera mémorable niveau ennui. Connor avait l’air si agacé par le comportement de son oncle et par sa présence. Et son geste après qu’elle lui ait sourit l’indigna tellement, qu’elle commença à le mépriser, sans le connaître pourtant. Elle tourna au coin de la rue quand elle décida de s’acheter la plus robe qu’elle n’ai jamais porté.

Le soir, Louise faisait admirer ses cheveux. Elle abordait une nouvelle coupe qui lui allait à ravir. Elle dit aussi qu’elle avait rencontré le fils du chocolatier et qu’il lui avait demandé d’être sa cavalière pour la fête. Elle avait accepté avec grand plaisir.
- Et toi Elizabeth ? As-tu un cavalier ? demanda son père.
- Oui.
Louise, stupéfaite de la réponse de sa sœur, s’arrêta de dandiner et la fixa.
- Qui est-ce ?
- Le neveu du libraire. Il est irlandais et peu bavard.
- Comment s’appelle-t’il ?
- Connor O’Donaill.
- Est-il beau garçon ?
- Louise, arrêtez avec vos questions, intervint son père.
Elizabeth rigola.
- Louise. Tu ne cesseras donc jamais à penser au physique.
- Oui. C’est le plus important.
Elizabeth sourit et déclara.
- C’est sûr à ton âge, on ne voit que la beauté extérieure. Tu oublies que plus tard, la beauté extérieure flétrie tandis que la beauté intérieure ne flétrit jamais. C’est le plus important.
- Dans ce cas, il vaut mieux avoir les deux, conclut Louise.
Les Seuret finirent de manger et montèrent se coucher. Louise alla directement dans la chambre de sa sœur.
- Que fais-tu dans ma chambre ? Sors d’ici.
- Je cherche des boucles d’oreilles, répondit Louise tout en fouillant dans les tiroirs.
- Tu en as déjà des tonnes.
- Tu peux m’en prêter, non ?!
- La dernière fois que je l’ai fait, tu m’as perdu une boucle.
Louise ouvrit l’armoire et tomba sur la robe qu’avait achetée sa sœur.
- Lizzie ! Elle est magnifique !
- Ne la touche pas s’il te plait.
Mais c’était trop tard. Louise l’avait prise pour se regarder avec dans le miroir.
- Elle me va bien.
- Repose la s’il te plait. Je l’ai payé assez chère.
- Je pourrais la porter ?
Elizabeth resta interloquée par la demande de sa sœur.
- Quoi ?
- Je pourrais la porter ?
- Non ! s’exclama Elizabeth. Je l’ai acheté pour moi !
- Tu n’aimes pas les fêtes d’habitude. Tu peux faire un effort pour me la prêter.
Elizabeth arracha sa robe des mains de sa sœur pour la remettre dans l’armoire.
- Je te ferais dire que j’ai un cavalier donc, que je vais à cette fête. Et je n’ai aucun effort à faire.
- Très bien, si tu ne veux pas, je n’insiste pas.
Louise sortit de la chambre de sa sœur en traînant des pieds. Son attitude exaspérait sa sœur. Elizabeth reprit sa robe et s’examina avec devant la glace. Elle s’imaginait à la fête en train de danser avec un bel homme, si charmant, qu’elle pourrait en tomber amoureuse dès la première danse. Mais elle ne se voyait nullement avec Connor O’machin. Son image l’irrita davantage. Le fait qu’il n’avait pas rendu ce sourire l’avait vexé. Malheureusement, elle devra le supporter tout au long de la soirée.

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