Le soir, Elizabeth pensait à Connor. Elle se demandait pourquoi il agissait ainsi. Elle ne savait pas ce qu’elle avait fait pour qu’il la déteste. Elle n’aimait pas qu’une personne puisse la haïr au point d’être désagréable. Surtout quand elle n’avait rien fait. C’était le comble. Elle ne faisait que penser à cette journée à table, au fait qu’elle ait vu Adam, qu’il se soit assis à côté d’elle, qu’il l’ait regardé. Elle rougissait encore en y repensant. Lucie parlait de sa journée. Elle avait vu ses amis et Brice. Tout le monde la regardait énumérer tout ce qu’elle avait fait. Cela permettait à Elizabeth de pouvoir s’échapper dans ses pensées sans que personne s’en aperçoive. Adam. Connor. Les deux étaient présents dans sa tête. Pourquoi Connor la regardait-elle ? Par mépris ? Et pourquoi Adam ne lui parlait pas ? Par timidité ? Tant de question et si peu de réponse.
- Elizabeth ! Voyons ! Réponds à ta sœur ?
- Hein ?
- T’es allée donner ma chaussure ?
- Oui. Tu pourras la récupérer en fin de semaine.
- Non. Je ne pourrais pas.
- Pourquoi ? demanda Elizabeth en soupirant.
- Je vais faire du canoë avec des amis.
- Louise a prévu cela aujourd’hui, sans même nous prévenir, déclara leur père.
- J’ai 16ans. Je peux faire ce que je veux. Je n’ai plus cours.
Elizabeth en avait assez de l’attitude de sa sœur mais elle ne pourrait rien lui dire. Louise avait « toujours raison » selon elle.
- Jeune fille, nous allons en discuter tout à l’heure. Pour l’instant, ton père et moi n‘avons rien décidé.
Louise souffla et regarda son assiette tout en triturant ses petits pois.
- Louise. Tes coudes. Et ne souffle pas !
Elle murmura quelque chose d’inaudible.
- Ne marmonne pas.
- Je ne marmonne pas.
- Si. Qu’est-ce que tu viens de dire ? demanda sa mère.
- Rien.
- Dis ce que tu as dit sinon tu vas dans ta chambre.
C’est alors que Louise leva sa tête, fusilla sa mère du regard et partit dans sa chambre en courant. Mme Seuret fût choquée de l’attitude de sa fille. Elle pria à Mr Seuret d’aller punir Louise sur le champ mais il ne le fit pas tout de suite. Il disait qu’elle allait bien finir par se calmer. Mais Mme Seuret était tellement en colère qu’il fût contré d’aller voir sa fille. Elizabeth n’en revenait pas que son père obéisse à ce point à sa mère. Elle espérait ne pas ressembler à ses parents plus tard. Elle ne voulait pas avoir leur vie.
Francesca fût tellement gênée de la scène qu’elle demanda à Mme Seuret de se retirer. Elle accepta. Elizabeth l’accompagna. En passant près de la chambre de sa sœur, elle entendit son père dire à sa fille que leur mère avait un sale caractère, qu’on devait faire ce qu’elle voulait tout de suite, sans discuter, mais qu’au fond d’elle, c’était la créature la plus merveilleuse qu’il puisse exister. Elizabeth pensa : « Au plus profond d’elle alors » puis entra dans sa chambre en compagnie de Francesca. Celle-ci se jeta sur son lit et soupira.
- Quelle journée, dit-elle. Éprouvante.
Elizabeth ouvrit la fenêtre, regarda les étoiles puis sourit.
- Oui. Mais agréable à un moment.
- Oh oui !!
Quand elle était plus jeune, Elizabeth avait un télescope. C’était son père qui avait fait qu’elle s’intéresse à l’univers. Malheureusement, Louise avait joué avec un jour et le cassa.
- Tu sais qu’on peut acheter une étoile.
- C’est vrai ?
- Oui. Tu l’achètes et tu la nommes.
- Tu la nommerais comment toi ? Adam ?
Elizabeth rigola.
- Non. Quand même pas. Non. Je la nommerais : Caritas patiens est.
- Ça veut dire quoi ?
- Tu vas trouver ça bête mais bon… Ça signifie « L’amour est patient » en latin.
- Toi et l’amour. Tu ne penses qu’à ça vraiment ! déclara Francesca en se mettant sur le dos.
Elizabeth regarda son amie puis de nouveau les étoiles.
- Oui, murmura-t’elle.
Soudain, elle entendit du bruit.
- Qu’est-ce que c’est ?
Elizabeth fit signe à Francesca de se taire. Elle se pencha par la fenêtre et vit sous un arbre. Elle tourna la tête vers la fenêtre de la chambre de sa soeur. Louise était en train d’escalader le mur pour aller rejoindre son copain.
- Louise ! Remonte ! ordonna Elizabeth sans hurler pour ne pas prévenir ses parents.
Mais c’était trop tard. Louise avait rejoint Brice et salua sa sœur de son bras. Elizabeth referma violemment sa fenêtre de colère.
- Quelle petite… !
Elle se retint de dire la suite mais elle n’en passait pas moins. La crise d’adolescence de sa sœur n’était malheureusement pas terminée. Elle avait parfois peur que quelque chose lui arrive à cause de ses bêtises, même si Louise savait se défendre.
- Des fois, j’aurais aimé être fille unique.
- Et moi avoir des soeurs, répondit Francesca en allant dans la salle de bain.
- On échange ? plaisanta Elizabeth.
- Elizabeth ! Voyons ! Réponds à ta sœur ?
- Hein ?
- T’es allée donner ma chaussure ?
- Oui. Tu pourras la récupérer en fin de semaine.
- Non. Je ne pourrais pas.
- Pourquoi ? demanda Elizabeth en soupirant.
- Je vais faire du canoë avec des amis.
- Louise a prévu cela aujourd’hui, sans même nous prévenir, déclara leur père.
- J’ai 16ans. Je peux faire ce que je veux. Je n’ai plus cours.
Elizabeth en avait assez de l’attitude de sa sœur mais elle ne pourrait rien lui dire. Louise avait « toujours raison » selon elle.
- Jeune fille, nous allons en discuter tout à l’heure. Pour l’instant, ton père et moi n‘avons rien décidé.
Louise souffla et regarda son assiette tout en triturant ses petits pois.
- Louise. Tes coudes. Et ne souffle pas !
Elle murmura quelque chose d’inaudible.
- Ne marmonne pas.
- Je ne marmonne pas.
- Si. Qu’est-ce que tu viens de dire ? demanda sa mère.
- Rien.
- Dis ce que tu as dit sinon tu vas dans ta chambre.
C’est alors que Louise leva sa tête, fusilla sa mère du regard et partit dans sa chambre en courant. Mme Seuret fût choquée de l’attitude de sa fille. Elle pria à Mr Seuret d’aller punir Louise sur le champ mais il ne le fit pas tout de suite. Il disait qu’elle allait bien finir par se calmer. Mais Mme Seuret était tellement en colère qu’il fût contré d’aller voir sa fille. Elizabeth n’en revenait pas que son père obéisse à ce point à sa mère. Elle espérait ne pas ressembler à ses parents plus tard. Elle ne voulait pas avoir leur vie.
Francesca fût tellement gênée de la scène qu’elle demanda à Mme Seuret de se retirer. Elle accepta. Elizabeth l’accompagna. En passant près de la chambre de sa sœur, elle entendit son père dire à sa fille que leur mère avait un sale caractère, qu’on devait faire ce qu’elle voulait tout de suite, sans discuter, mais qu’au fond d’elle, c’était la créature la plus merveilleuse qu’il puisse exister. Elizabeth pensa : « Au plus profond d’elle alors » puis entra dans sa chambre en compagnie de Francesca. Celle-ci se jeta sur son lit et soupira.
- Quelle journée, dit-elle. Éprouvante.
Elizabeth ouvrit la fenêtre, regarda les étoiles puis sourit.
- Oui. Mais agréable à un moment.
- Oh oui !!
Quand elle était plus jeune, Elizabeth avait un télescope. C’était son père qui avait fait qu’elle s’intéresse à l’univers. Malheureusement, Louise avait joué avec un jour et le cassa.
- Tu sais qu’on peut acheter une étoile.
- C’est vrai ?
- Oui. Tu l’achètes et tu la nommes.
- Tu la nommerais comment toi ? Adam ?
Elizabeth rigola.
- Non. Quand même pas. Non. Je la nommerais : Caritas patiens est.
- Ça veut dire quoi ?
- Tu vas trouver ça bête mais bon… Ça signifie « L’amour est patient » en latin.
- Toi et l’amour. Tu ne penses qu’à ça vraiment ! déclara Francesca en se mettant sur le dos.
Elizabeth regarda son amie puis de nouveau les étoiles.
- Oui, murmura-t’elle.
Soudain, elle entendit du bruit.
- Qu’est-ce que c’est ?
Elizabeth fit signe à Francesca de se taire. Elle se pencha par la fenêtre et vit sous un arbre. Elle tourna la tête vers la fenêtre de la chambre de sa soeur. Louise était en train d’escalader le mur pour aller rejoindre son copain.
- Louise ! Remonte ! ordonna Elizabeth sans hurler pour ne pas prévenir ses parents.
Mais c’était trop tard. Louise avait rejoint Brice et salua sa sœur de son bras. Elizabeth referma violemment sa fenêtre de colère.
- Quelle petite… !
Elle se retint de dire la suite mais elle n’en passait pas moins. La crise d’adolescence de sa sœur n’était malheureusement pas terminée. Elle avait parfois peur que quelque chose lui arrive à cause de ses bêtises, même si Louise savait se défendre.
- Des fois, j’aurais aimé être fille unique.
- Et moi avoir des soeurs, répondit Francesca en allant dans la salle de bain.
- On échange ? plaisanta Elizabeth.
Le lendemain matin, Francesca dormait encore quand Elizabeth se réveilla. Celle-ci quitta sa chambre et entrouvrit la porte de celle de sa soeur. Louise était bien rentrée. Elle referma doucement la porte puis descendit les escaliers pour aller dans la cuisine. Personne n’était encore réveillée. Elle regarda l’horloge qui lui indiquait 7h du matin. Elle prépara le petit déjeuner, s’habilla confortablement et décida d’aller faire un tour. Ce n’était pas à son habitude de se lever tôt, au contraire. Mais elle avait tellement de pensées dans sa tête ces temps-ci. Près du ruisseau, elle croisa Dounia. Elles discutèrent un moment mais Elizabeth vit que son amie n’était pas comme d’habitude avec elle. Dounia cachait quelque chose mais ne dit rien. Elle annonça à Elizabeth qu’Adam allait partir une semaine en vacances dans sa famille du côté de son père. Elizabeth savait que chaque année il partait voir sa famille, mais elle ne pensait pas qu’il partirait si tôt cet été.
Dounia demanda étrangement si elle l’aimait toujours.
- Oui. Pourquoi ? questionna Elizabeth interloquée.
- Oh. Comme ça. Je dois partir.
Dounia se leva et partit en vitesse. Elizabeth trouvait son amie de plus en plus bizarre. Déjà à la soirée, elle n’avait pas cessé d’être avec Adam et avait peu parlé à Elizabeth, contrairement à son habitude. Mais celle-ci s’était dit que c’était normal. Ils sont comme frère et sœur. Toujours à avoir des plaisanteries en commun, dont personne ne comprenait le sens. On aurait dit qu’ils le faisaient exprès. Bien qu’ils faisaient partis de la même famille, ils n’avaient pas le même sang. Elizabeth voyait leur complicité d’un mauvais œil mais elle avait confiance en son amie.
De retour chez elle, Elizabeth trouva un mot sur la table. Sa mère entra alors dans la cuisine.
- Tu as reçu ça tout à l’heure. C’est de Mr Aubert on dirait.
- Il a reçu des romans pour moi. J’irais le voir tout à l’heure.
- Tu ne rentreras pas trop tard. On mange chez des amis ce soir.
- Mais Francesca…
- Ils le savent. Ne t’en fais pas.
Elizabeth monta dans sa chambre se préparer. Elle croisa Louise sur le chemin qui lui fit signe de ne pas parler. Elle venait de se réveiller. Elle entra dans sa chambre et vit Francesca se coiffer.
- J’ai envie que mes cheveux soient raides. J’en ai marre des boucles.
- Ne dis pas ça. C’est joli.
Elizabeth choisit ses vêtements et se précipita vers la salle de bain pour s’habiller, mais, comme chaque matin, Louise s’y trouvait. Cela allait prendre une heure. Elizabeth abdiqua.

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